Où placer son argent aujourd’hui ?

Le 22/06/2017 par

Avec la baisse des taux de rendement des livrets d’épargne, des contrats d’assurance-vie en euros, de l’immobilier traditionnel, avec la morosité du climat économique et avec les affaires, l’investisseur ne sait plus comment faire le bon choix pour placer son argent et à qui faire confiance. Voici un rapide tour d’horizon des solutions sur le marché. Et surtout quelques bons conseils d’investissement !

Le climat actuel est-il à favorable à l’investisseur ? La conjoncture économique en France, très morose, tarde à retrouver la croissance. La confiance n’est toujours pas au rendez-vous. Le climat des affaires est terni par le scandale Aristophil et par d’autres moins visibles. Les performances des solutions de placements financiers comme immobiliers chutent d’année en année. La Bourse a déjà bien, voire trop monté. Les taux d’intérêt devraient rester durablement bas. Sauf à prendre des risques, il ne reste plus beaucoup de solutions pour motiver les investisseurs.

Une chose est sûre, il n’y a pas de bon voire de meilleur placement ! Le mieux est d’effectuer un bilan patrimonial avec un professionnel afin de déterminer selon votre patrimoine, votre stratégie, votre horizon de placement, votre appétence ou pas aux risques, etc, ce qui correspond au mieux à vos objectifs et à vos attentes sur différents horizons. Avant d’investir, écouter et regarder ce guide de l’AMF. Et surtout n’investissait que dans ce que vous comprenez !

Les livrets réglementés et les livrés bancaires

image2Le premier réflexe consiste à remplir les Livrets A et LDD (plafonnés respectivement à 22 950 € et 12 000 €) qui sont garantis et exonérés de toute fiscalité : pas d’impôt sur le revenu, ni de prélèvements sociaux. Et l’argent est disponible à tout moment. Bien que le taux du Livret A a été divisé par quatre depuis 2008, son taux actuel de 1% est appréciable alors que, si l’Etat respectait le formule de calcul, ce taux devrait être ramené à 0,25%. En août prochain, les taux de l’épargne réglementée pourraient d’ailleurs reculer de manière substantielle. Les jeunes (les 12-25 ans résidant en France) opteront pour un Livret Jeune dont le taux (en moyenne autour de 2%) varie d’un réseau bancaire à l’autre : 4 % au Crédit municipal de Lyon, 2,75 % chez BNP Paribas ou chez Axa, 2,5 % à la Banque populaire provençale et corse.

imgresIl y a aussi l’épargne logement. Considéré par beaucoup des Français comme une bonne alternative au livret A, l’actuel plan épargne logement (PEL) dont le capital est garanti (versements sont plafonnés à 61 200 €) affiche un taux de rémunération garanti, même après avoir été abaissé de 2,50 % à 2 % brut depuis le 1er février 2015, soit 1,69% net. Il est exonéré d’impôt sur le revenu pendant les douze premières années, mais soumis aux prélèvements sociaux. Le compte épargne logement (CEL), avec un taux rendement de 0,75%, des intérêts soumis aux prélèvements sociaux, et une prime d’État calculée sur la base de 50 % des intérêts acquis et plafonnée à 1 144 euros, sert à souscrire un prêt pour acheter de l’immobilier ou réaliser des travaux. Mais, contrairement au PEL, le taux de rémunération de l’épargne varie au cours du contrat.

Côté livrets bancaires, les performances se dégradent pour atteindre un rendement supérieur de seulement de 0,26% à celui du Livret A (1%), selon le dernier « Baromètre des livrets » de L’Argent & Vous. Si l’on tient compte que ces livrets sont fiscalisés, leur rendement après prélèvements tombe en-dessous de celui du Livret A. Donc peu d’intérêt !

L’assurance-vie

imgresEt une fois ces livrets pleins, votre choix d’investissement dépendra de votre âge et de votre appétence au risque. Autre critère à prendre en compte : la disponibilité de l’argent. C’est là que l’assurance-vie en euros, à capital garanti par l’assureur, présente un intérêt. D’année en année, avec le durcissement de sa fiscalité, l’assurance-vie perd de son aura même si elle reste le placement préféré des Français avec 1 500 milliards d’euros de collecte. Et pour cause, l’assurance-vie est non seulement liquide et disponible à tout moment sans contrainte, mais en plus elle bénéficie d’une fiscalité avantageuse au-delà de 8 ans, et peut être transmise en franchise d’impôts dans la limite de 152 500 € par parent et par enfant en cas de décès. Mais revers de la médaille, son rendement s’écroule, tiré vers le bas par la chute du rendement des obligations. Les contrats en fonds euros, rémunérés en moyenne à 5,8% en 2000, ne dégagent plus que 2,5% de rendement en 2014 selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). Sauf que selon le magazine 60 millions de consommateurs, les contrats en euros n’ont, en réalité, rapporté que 1,43% en moyenne en 2014, après déduction des commissions, des taxes et de l’inflation.

Face à cette tendance de fonds qui risque de perdurer car le secteur de l’assurance est contraint par la réforme réglementaire européenne Solvency de limiter ses performances pour allouer suffisamment de capital afin de couvrir les risques de son activité, il est dorénavant de bon ton d’introduire d’autres actifs dans les contrats d’assurance-vie pour doper leur performance. Pour dynamiser le rendement de son épargne, il est nécessaire de regarder au-delà des placements garantis. Ainsi, il est conseillé d’élaborer une véritable stratégie fiscale dans la gestion de ses contrats d’assurance-vie, de diversifier non seulement les actifs, mais également les versements, et de planifier les rachats. L’aide d’un professionnel s’impose ! Car il est désormais impossible de penser gagner davantage sans prise de risque. Les fonds dits en « unités de compte » présentent un risque de perte en capital. D’où l’importance d’être conscients des risques encourus avant d’investir.

imgresLes gros revenus doivent s’intéresser au PERP comme solution de défiscalisation : les versements sont déductibles du revenu imposable (dans la limite du plafond figurant sur l’avis d’impôt du foyer fiscal) et en dehors du plafonnement des niches fiscales. De plus, durant la phase d’épargne, les montants capitalisés sont exonérés de l’assiette de l’ISF. Sauf que le capital est indisponible pendant toute la phase d’épargne, hors les cas de déblocage exceptionnel, et la sortie en capital se limite à 20 % de l’épargne constituée (le solde est versé sous forme de rente viagère, soumise à l’impôt sur le revenu).

L’immobilier

imagesL’immobilier qui représente près des deux tiers du patrimoine des ménages, continue de baisser depuis plusieurs années (le nombre de transactions dans l’ancien s’est juste stabilisé depuis décembre 2014 selon les derniers chiffres notariaux) pourtant dans un contexte de faiblesse historique des taux d’intérêt favorisant l’investissement à crédit. A l’inverse, le marché des logements neufs donne des signes de reprise, d’où le succès grandissant du dispositif d’investissement locatif Pinel (qui a été assoupli dans le loi de Finances 2015). En vigueur depuis le 1er septembre 2015, non seulement il ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu du propriétaire, mais il autorise désormais la location à un descendant (qui ne doit pas être rattaché au foyer fiscal de ses parents et remplir les conditions de ressources exigées par la loi).

imgresAutre solution d’investissement locatif en vogue, les EPHAD qui bénéficient de marchés porteurs comme celui des résidences seniors, d’affaires, de tourisme et étudiantes. Ce support d’investissement est efficace pour générer des compléments de revenus pour la retraite. Les rendements nets d’impôts sont autour de 5%. C’est également le rendement moyen des SCPI en 2014. Offrant un bon rendement et assorties d’un risque modéré, les SCPI peuvent convenir pour prépare sa retraite, se procurer des revenus complémentaires, diversifier ses actifs voire défiscaliser. La bonne solution est aujourd’hui d’acheter à crédit en profitant des taux bas. Non seulement les intérêts d’emprunt sont déductibles des revenus fonciers, les revenus tirés des parts de SCPI permettent de payer les mensualités. A à l’âge de la retraite, une fois le crédit payé, il n’y a plus qu’à toucher des revenus complémentaires. Là également, l’appui d’un professionnel est recommandé.

Ceux qui recherchent davantage de performance que l’immobilier traditionnel, locatif et les SCPI auraient intérêt à s’informer sur les attraits du financement hôtelier et de l’investissement dans l’immobilier de bureaux, qui affichent des taux de rendement de 7% net par an pendant 6 à 7 ans.

imgresDernier conseil, investir en dehors du PEA, point de salut ! Le PEA est la seule enveloppe fiscale qui ait échappé à la corrosion des taxes. Il permet (jusqu’à 150 000 euros par PEA) de souscrire un contrat d’assurance vie autorisant les arbitrages boursiers afin de faire circuler son épargne d’une unité de compte à l’autre en profitant d’une fiscalité avantageuse (à horizon de 8 ans). C’est justement un bon moyen d’investir dans des fonds patrimoniaux dotés de ratios « risques/rendements » optimum, donnant de quoi pâlir aux fonds euros. Composés de nombreuses différentes classes d’actifs et au sein desquels, le gérant a toute latitude pour augmenter ou diminuer telle poche, ils sont prudents, souples et surtout peu volatils. Avec la disparition attendue des fonds euro dans leur forme actuelle dès 2017, les investisseurs ont de bonnes raisons de se tourner de plus en plus vers ce type de support.